Des habitants du Sud-Kivu hésitent et tardent à s’approprier les mesures de santé publique contre la variole de singe ou Monkeypox. C’est surtout en ce qui concerne l’observance stricte des mesures d’hygiènes pour se protéger contre cette maladie et l’extrême nécessité de se rendre dans un centre de santé en cas de présence des symptômes.

Dans les villes et territoires du Sud-Kivu, rares sont les personnes qui observent ces mesures de santé publique. Cela s’explique notamment par la flambée de cas notifiés de la variole de singe en province. Depuis janvier 2025 jusqu’à la 29ième semaine épidémiologique, au total 14.144 cas ont été notifiés au Sud-Kivu dont 15 décès.

Selon la division provinciale de la santé au Sud-Kivu (DPS-SK), certains habitants considèrent l’épidémie de la variole de singe comme du business.

« Même si la population, un bon nombre, comprend la maladie, le Mpox est encore émaillé d’une vague d’informations, vraies et fausses, qui seraient à la base d’une méfiance des mesures de santé publique dont la prévention visant à contenir la maladie et le recours précoce vers un centre de santé, pourtant porteur d’espoir. Il sied de noter que le Mpox continue à être vécu par certains comme du business ou comme une maladie qui existait depuis longtemps dans la province du Sud-Kivu, surtout dans les zones les plus touchées », révèle la division provinciale de la santé, dans un document parvenu à la rédaction de TERRANOVA.CD vendredi 12 septembre 2025.

A en croire la DPS Sud-Kivu, plusieurs personnes influentes s’engagent timidement dans la communication de lutte contre le Mpox.

Elle indique cependant que des efforts sont en train d’être déployer pour renforcer cette communication afin d’améliorer les connaissances, l’attitude et l’engagement des communautés dans lutte contre la maladie de Mpox.

Notez qu’au Sud-Kivu des cas de Mpox ont été confirmés également chez certains professionnels de santé, les personnes proches des malades et surtout les gardes malades.

« Parmi les malades déjà notifiés, figurent un bon nombre d’enfants, des soignants, des gardes malades, les membres d’une même famille », révèle la division provinciale de santé au Sud-Kivu.

Le constat de TERRANOVA.CD révèle également que la désinformation sur les épidémies notamment le Mpox connait une résurgence alarmante à l’ère du numérique, où les réseaux sociaux amplifient sa portée et son impact mais aussi dans un contexte où la confiance envers les institutions s’effrite.

Le conflit armé qui sévit également en province ne permet pas à certaines personnes présentant des signes à se rendre à temps dans les structures de santé.

Il sied de rappeler que pour se protéger contre la variole de singe, les mesures à observer et des actions à mener sont notamment :

  • a) Eviter de chasser et de consommer les petits mammifères sauvages. Bien cuire la viande avant consommation.
  • b) Éviter tout contact avec un animal malade ou mort, sa viande ou son sang. 
  • c) Éviter tout contact avec une personne infectée par la Mpox.
  • d) Pratiquer des rapports sexuels protégés dans les communautés où la transmission est active, notamment en utilisant des préservatifs masculins et féminins.
  • e) Lavage des mains avec du savon 
  • f) Port de gants et un masque comme équipement de protection individuelle lors de soins ou de visites aux personnes malades
  • g) Les autorités peuvent instaurer des mesures telles que la limitation ou l’interdiction de mouvements pour les animaux suspectés, des mesures de quarantaine ou l’élimination des animaux potentiellement infectés.
  • h) Détection précoce et rapide des cas et promotion de comportements consistant à rapidement consulter un centre de soins santé.
  • i) Le cas échéant, mobilisation sociale en faveur de la vaccination antivariolique antérieure ou postérieure à l’exposition au virus.
  • j) Les volontaires peuvent aider les professionnels de la santé, les vétérinaires et les spécialistes des espèces sauvages à mettre en œuvre une stratégie de prévention et de contrôle fondée sur le principe de « Une seule santé ».
  • k) Le commerce et le trafic illégaux d'espèces sauvages doivent également être découragés au sein des communautés

La variole de singe ou Monkeypox se transmet d’un animal malade vers un homme et de l’homme malade à l’homme sain. Elle se manifeste par des boutons remplis d’un liquide sur tout le corps y compris le cuir chevelu. Le traitement est symptomatique.

Au Sud-Kivu, un premier cas de la variole de singe ou Monkeypox a été confirmé dans la commune d'Ibanda à Bukavu le mercredi 11 octobre 2023, selon une annonce de la division provinciale de la santé.

Rédaction, TN-DCK


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