Chaque 21 mars, le monde célèbre la Journée internationale des forêts, une occasion de rappeler l’importance des écosystèmes forestiers pour la vie humaine et la planète. Mais dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette journée résonne avec une réalité plus sombre : celle de forêts prises en étau entre richesse écologique et insécurité persistante.

L’Est de la RDC abrite certaines forêts les plus riches en biodiversité au monde. C’est notamment le Parc national des Virunga avec ses gorilles de montagne, le Parc national de Kahuzi-Biega, célèbre pour ses gorilles de plaine de l’Est, la Forêt de Beni, celle de Walikale, le Massif du Rwenzori, la réserve naturelle d’Itombwe et la Forêt de Shabunda.

Cependant, derrière cette richesse se cache une réalité inquiétante. L’instabilité sécuritaire qui secoue l’Est du pays depuis plusieurs années a transformé ces forêts en zones de refuge et parfois d’exploitation incontrôlée.

Groupes armés, déplacements massifs de populations, exploitation illégale du bois et braconnage : les pressions sur les écosystèmes forestiers se multiplient.

Des alertent parvenues à TERRANOVA.CD indiquent que depuis le début du conflit armé au Sud-Kivu avec des affrontements entre Wazalendo, FARDC et rebelles du M23 avec leurs alliés nationaux et étrangers, le parc national de Kahuzi Bièga, par exemple, est devenu le théâtre d’une exploitation forestière et minière.

Face au vide de contrôle créé par la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, la localisation des espèces protégées est aujourd’hui difficile, la coupe abusive des bois s’est accélérée et aucun touriste n’accède à cette zone.

Contrairement aux populations directement touchées par les conflits, les forêts n’ont pas de voix. Pourtant, elles subissent de plein fouet les effets de la crise.

La disparition progressive de certaines espèces, la destruction des habitats et la perte de biodiversité sont autant de signaux d’alerte souvent ignorés, estiment certains experts en environnement.

“Quand la forêt disparaît, c’est tout un équilibre écologique et humain qui s’effondre”, avertissent plusieurs experts environnementaux.

Outre cette exploitation forestière et minière illégale, le feu de brousse est aussi signalé dans plusieurs autres forêts dans l’Est du pays, des bombardements armés avec toutes leurs conséquences et certaines autres forêts transformées en champs de bataille.

Pourquoi c’est important de maintenir le non-déboisement même en temps de guerre ?

L’organisation TERRA NOVA RDC a.s.b.l estime que c’est pour éviter des catastrophes supplémentaires, pour préserver les moyens de subsistance, pour protéger la biodiversité et parce que la paix future dépend aussi de l’environnement. Un territoire dégradé, accentue les conflits fonciers, favorise l’économie illégale et complique la reconstruction post-conflit. La protection des forêts est donc aussi une stratégie de stabilisation.

Ces forêts jouent un rôle essentiel : régulation du climat, protection des sols, réservoir de biodiversité et source de subsistance pour des milliers de communautés locales.

Pour rappel, « Les forêts et les économies » est le thème choisi pour la Journée internationale des forêts 2026, afin de célébrer le rôle vital des forêts en tant que moteurs de la prospérité économique. Ce rôle va bien au-delà des revenus et des emplois créés par la production forestière et le commerce des matières premières renouvelables et des aliments : les forêts contribuent également à soutenir l’agriculture familiale et locale, à améliorer la productivité agricole et à préserver la santé des bassins hydrographiques.

Rédaction, TN-DCK


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